Quelle thérapie ?

Que signifient ces diverses méthodes thérapeutiques


Photo : J-C. Allard

Le point commun à toutes les psychothérapies est qu’elles reposent sur la relation entre le thérapeute et son client. Il est donc essentiel que cette relation soit de bonne qualité, incluant en particulier une confiance réciproque. Si, pour une raison ou une autre, cette confiance venait à manquer, il serait indispensable d’en parler et de la retrouver,…
Indépendamment de ce point commun, revendiqué par tous les professionnels pratiquant la psychothérapie, il existe différentes écoles, qui diffèrent les unes des autres soit par leurs références théoriques, soit par leurs méthodes. La liste est trop longue pour la donner ici. On trouvera des précisions dans divers ouvrages, notamment Choisir sa psychothérapie, livre collectif publié chez Odile Jacob. Cet ouvrage très complet, encadré par des psychiatres, est d’une orientation plutôt médicale, et s’adresse plus particulièrement aux professionnels.
Je préfère, personnellement, Psychothérapie 100 réponses. Dunod 2006, de mon ami Serge Ginger, secrétaire de la fédération FF2P, qui est à la fois très clair et complet, et aborde simplement les questions générales, ainsi que les particulières.

Pour ma part, je n’appartiens à aucune école, mais préfère utiliser les techniques et méthodes que je peux apprendre dans divers courants. Toutefois, je me situe plutôt dans les courants cognitivo-comportementaliste et humaniste. C’est en fonction des attentes de la personne qui vient me voir que, avec elle, nous allons prendre une direction plus qu’une autre. Il y a souvent d’ailleurs plusieurs temps dans une thérapie, selon un des modes exprimés ici.


Une précision : je ne suis pas psychanalyste.

La psychanalyse est une des grandes théories psychologiques du 20° siècle qui a fortement influencé la pensée humaine. Durant mes études, j’ai appris les concepts psychanalytiques et y fais éventuellement référence. En tant que vice-président de la fédération PsY en Mouvement, je côtoie de nombreux psychanalystes. Mais je ne pratique pas la thérapie psychanalytique, qui correspond à une approche très particulière exigeant une expérience personnelle que je n’ai pas souhaité avoir.

Thérapies stratégiques brèves

Photo : J-C. Allard

Le concept de thérapie brève a été développé, au départ, par le célèbre Mental Research Institute de Palo Alto (Californie) et est inséparablement lié à la notion de stratégie. Le mot « brève » ne signifie pas seulement que ce genre de thérapie est en général de courte durée, mais surtout qu’elle est dirigée vers la résolution d’un problème.
C’est pour cela qu’on parle aussi de thérapie centrée sur le résultat. L’important n’est pas de savoir pourquoi on souffre de tel problème mais comment on va s’en sortir.
La thérapie stratégique repose donc sur le fait que l’on peut agir sur soi de manière à changer ce qui vous fait souffrir.
Je me reconnais dans cette approche car, pour moi, une thérapie est toujours sous-tendue par une stratégie, c’est-à-dire une méthode générale pour arriver à un résultat.
Ce résultat, c’est ce qu’a demandé la personne venue me consulter. Il n’est pas rare que la première demande formulée évolue et qu’on passe à une autre demande, cachée par la première. La stratégie est évolutive, mais elle conduit toujours à un but.

Bibliographie : Stratégie de la Thérapie brève, Paul Watzlawick Giorgio Nardone, Paris Seuil 2000.

Haut de Page

Thérapies approfondies

Photo : J-C. Allard

Certaines personnes qui viennent me voir sans avoir un problème particulier qui les préoccupe, mais souhaitent entreprendre un travail sur eux pour mieux se comprendre, ou parce qu’ils sentent qu’ils ne vivent pas aussi bien qu’ils le voudraient.
Après discussion, nous décidons d’entreprendre une thérapie régulière dont la durée n’est pas évaluée à l’avance.
Il s’agit alors essentiellement d’entretiens centrés sur la personne elle-même, qui vont lui permettre d’avancer dans la connaissance d’elle-même.
Nous pouvons à cette occasion utiliser des techniques empruntées à diverses méthodes de psychologie, et certains entretiens sont parfois de nature philosophique.
Le rythme des séances est variable ; il peut y avoir des pauses et des reprises et la durée totale n’est pas fixée.

Il n’est pas rare qu’une personne, après avoir terminé une thérapie brève, centrée sur un problème précis, souhaite continuer le travail d’approfondissement ; nous évoluons alors vers une thérapie plus longue. C’est toujours la personne elle-même qui décide.
Haut de Page

Thérapies comportementales et cognitives

Photo : J-C. Allard

Les thérapies comportementales sont apparues au début du XXème siècle, dans la foulée des découvertes faites sur le comportement animal. Leur principe est, au départ, celui de l’apprentissage par renforcement : lorsqu’un comportement (behavior en anglais) est encouragé par une « récompense » il a tendance à s’améliorer et lorsqu’il est découragé, il a tendance à disparaître.
C’est ce principe de base qui a fait dire au détracteur de ces méthodes qu’elles étaient du dressage. Elles sont pourtant adaptées à la résolution de certains problèmes comme des phobies ou des difficultés sexuelles. Actuellement, les méthodes comportementales pures sont pratiquement abandonnées au profit des thérapies cognitivo-comportementales (TCC)

Les thérapies cognitivo-comportementales ajoutent à la dimension comportementale, la dimension cognitive. Pour faire simple disons qu’on ne se contente pas de modifier un comportement de manière automatique, mais que l’on cherche à comprendre comment cela se passe. C’est beaucoup plus efficace, en même temps que plus satisfaisant pour l’esprit, car la personne en thérapie est alors complètement actrice de son évolution.

Bibliographie : Les thérapies comportementales et cognitives, J Cottraux, Paris, Masson.

Les thérapies NeuroCognitives et comportementales :
Les avances considérables des neurosciences ont amené certains chercheurs à travailler à la fois sur le mental et sur son support physique, le cerveau. C’est le cas de l’Institut de Médecine Comportementale (IME) que dirige mon ami le Dr Jacques Fradin, qui développe la GMM, ou gestion des modes mentaux. Le dernier ouvrage qu’il vient de publier avec ses collaborateurs donne une bonne idée de la fécondité de cette approche.

Bibliographie : L’intelligence du Stress, Jacques Fradin et collaborateurs, Paris, Eyrolles, 2008.

Mon autre ami Hervé Magnin, collaborateur de Jacques Fradin, est l’auteur, entre autre, d’une petit ouvrage très pertinent et facile à lire, dont je conseille la lecture :

Surmonter ses peurs, Hervé Magnin, Saint Julien en Genevoix, Jouvence éditions, 2008

Haut de Page

Thérapies de couple et familiales

Photo : J-C. Allard

Les couples, les familles, et d’autres organisations humaines souffrent de difficultés qui ne sont pas imputables à l’un des membres, mais viennent de dysfonctionnement global. On dit, dans ce cas, que c’est le « système » famille ou le système couple qui est en difficulté.C’est donc sur ce système que l’on va chercher à agir, puisque la difficulté n’est pas liée à l’un de ses membres.

Les difficultés de couple, ou plus généralement de la relation amoureuse, sont génératrices de souffrances souvent très fortes (c’est le mal d’amour !) alors que la ou les personnes ne sont pas psychologiquement malades. Il s’agit souvent d’une perturbation de la communication. La thérapie consiste alors à aider à mettre au point une bonne communication, et à changer les fonctionnements pathologiques du système.
Si les deux membres du couple sont conscients de cette difficulté, ils pourront consulter ensemble, mais si c’est seulement un des deux qui est demandeur, on peut toutefois faire un travail thérapeutique qui permettra à la personne de faire évoluer son partenaire, ou de s’éloigner de lui si l’on ne peut faire autrement.

L’idée systémique est apparue aux États Unis, dans la ville de Palo Alto, en Californie, il y a une quarantaine d’année. Elle s’est inspirée des modèles créés pour les sciences exactes, la cybernétique et la théorie générale des systèmes. Ce courant de travail s’est beaucoup développé depuis dans le monde entier.
L’ouvrage de base est :

Une logique de la communication, P. Watzlawick, J Helmick-Beavin, D. Jackson, Paris, Seuil, 1972

Pour ma part, j’utilise beaucoup les modèles systémiques dans les demandes liées au couple ou à la famille. Mais il ne faut pas à mon sens se limiter au système formé par les deux membres du couple (ou ceux de la famille).
En effet, beaucoup de questions sont liées à l’environnement, aux influences extérieures que subissent les personnes ainsi qu’aux représentations qu’elles s’en font. C’est ce qu’on appelle un modèle éco-systémique.
On ne travaille pas uniquement sur les relations des membres du couple entre eux, mais on les invite à se questionner sur la manière dont fonctionne leur couple, en comparaison avec ce que chacun pense de la manière dont il devrait fonctionner.

Il n’est pas rare problème que se pose un couple ou de famille ne se limite pas à une dimension psychologique.
Une question se pose alors : le thérapeute peut-il aussi intervenir sur un autre plan ? Je m’y autorise sur ce plan, lorsque cela se rapporte aux travaux que j’ai pu faire en tant que chercheur en éducation familiale, dont vous pourrez trouver les commentaires dans la page « mes écrits ».
S’il s’avère qu’une question juridique d’importance se pose, je suggère de consulter un avocat ou un notaire, ou d’autres professionnel. Il est arrivé que, dans le courant d’une thérapie de couple, un problème financier apparaisse capital ; la consultation d’un banquier a grandement fait avancer la résolution. Le grand psychologue Milton Erickson disait qu’il utilisait tout ce dont il disposait pour aider ses patients.Haut de Page

L’hypnose

Photo : J-C. Allard

En tant que méthode thérapeutique, l'hypnose a historiquement commencé en Autriche, sous l’impulsion du médecin Anton Messmer. Mais elle a vraiment démarré en France, à Nancy dans la deuxième moitié du 19° siècle. Après une période féconde, elle a disparu au début du 20° siècle, en partie en raison de la montée en puissance de la psychanalyse. C’est à Phoenix (Arizona, E-U) au milieu du 20°, qu’elle renaît avec un médecin original et génial, Milton Erikson, qui a par ailleurs fortement influencé l’école de Palo Alto, initiatrice des méthodes systémiques (le monde psy est petit). C’est pour cela que l’on parle maintenant, en thérapie, d’hypnose eriksonnienne. Pour ma part, j’utilise souvent l’hypnose en association avec des méthodes cognitivo-comportementales.

Comment est-ce que cela fonctionne ?

On utilise le fait que, sous hypnose légère, on est très suggestible et que l’on peut donc apprendre rapidement à agir sur ses pensées et à les modifier. On pourra ainsi mieux utiliser certaines ressources qu’on laissait de côté, et sortir de schémas de pensée qui nous parasitent. Il s’ensuivra la modification de comportements problématiques.
On peut aussi utiliser l’hypnose pour des régressions en âge et retrouver des souvenirs. Mais, attention ! ils ont été modifiés par le temps et la plasticité de la mémoire. Il ne faut pas considérer que ce que l’on retrouve est absolument vrai. C’est une confusion sur ce sujet qui a donné lieu aux « faux souvenirs ».

Ajoutons que les phénomènes hypnotiques sont aussi utilisés pour faire du spectacle. Il s’agit de la même hypnose, mais l’hypnotiseur de spectacle cherche à forcer le côté « magique » de sa prestation. Il a raison puisque les spectateurs sont venus pour ça. En thérapie, ce n’est pas le but.

L’hypnose est sans danger, et presque toujours une expérience agréable.

Si le succès n’est jamais garanti, il arrive que l’on ait des résultats spectaculaires (une seule séance) par exemple dans certains problèmes sexuels ou des difficultés de sommeil. En outre, comme il s’agit d’une méthode d’apprentissage, on peut l’utiliser ensuite pour d’autres problèmes à résoudre, sans avoir nécessairement besoin d’un thérapeute.
Il n’y a pas de risque car les suggestions que l’on suit sous hypnose correspondent à ce que l’on a envie de faire. Et c’est toujours une expérience intéressante, la plupart du temps agréable.
Pour ma part, j’utilise souvent l’hypnose en association avec des méthodes cognitivo-comportementales.

Bibliographie : L’hypnose, P. Bellet, Paris Odile Jacob, 2002 ;
Un thérapeute hors du commun : Milton Erickson, Jay Haley, Paris Desclées de Brouwer, 1995.

Haut de Page

Thérapies sexuelles

Photo : J-C. Allard

Il y a diverses manières de soigner sa sexualité.

La sexualité est extrêmement importante pour la plupart des personnes, et lorsque celle-ci ne donne pas satisfaction, ce peut être la source de grandes souffrances. Mais celle-ci ne se limite pas aux organes sexuels, c’est pourquoi il y a plusieurs approches thérapeutiques de ces insatisfactions. Certaines sont du ressort de la psychologie, d’autres de la médecine.

Une simple perturbation

Lorsqu’il s’agit d’une perturbation du comportement sexuel, rendant impossible de vivre correctement sa sexualité, sans qu’il y ait de problème organique, on a recours à des méthodes cognitivo-comportementales, éventuellement complétées par un travail sous hypnose. Les résultats sont souvent spectaculaires. Chez de jeunes personnes, un ou deux rendez-vous sont parfois suffisants.

Le signe d’un autre trouble

Il se peut qu’une difficulté sexuelle soit le signe d’un trouble plus profond, par exemple une extrême émotivité, ou une grande timidité, ou un passage dépressif suite à un événement douloureux. Il est alors plus pertinent de prendre le temps de s’occuper de cette question avant de se pencher sur les conséquences sur la sexualité. La difficulté sexuelle peut même disparaître toute seule ; sinon, on aura recours à une TCC.

Une problématique de couple

Photo : J-C. Allard

Deux personnes vivant en couple ont une mésentente sexuelle, alors qu’elles n’avaient ni l’une ni l’autre connu telle mésaventure avec d’autres partenaire. Il y a donc quelque chose qui ne va pas dans leur relation à deux, ce qui ne veut pas dire que la relation est mauvaise en soi, bien au contraire. Il est alors nécessaire de mettre au point une thérapie sexuelle de couple, qui sera peut-être liée à une thérapie de couple en général.

Thérapie sexologique

Il existe certains troubles qui ont une origine organique ou dérive de la mauvaise santé du patient. Il est alors nécessaire de faire appel à la médecine, voire à la chirurgie. Je ne peux pas traiter ce type de problème et envoie à un médecin sexologue qui effectuera une investigation en profondeur et pourra prescrire une thérapie médicale.
Il arrive aussi que des perturbations de la sexualité ne soient pas à proprement parler organiques mais que des médicaments puissent avoir un effet très bénéfique ; c’est notamment le cas des difficultés d’érection chez l’homme. Il est ici aussi nécessaire d’avoir l’intervention d’un médecin, généraliste ou spécialiste.
On peut dans ce cas associer thérapie médicamenteuse et psychologique, la modulation entre les deux étant fonction de la demande et surtout de la personne.

Pour ma part, je respecte toujours la vision que la personne a de son propre problème. Haut de Page